LEAD 3-LVMH résiste aux aléas conjoncturels et maintient la cadence
* Ralentissement dans les vins & spiritueux
(Actualisé avec avec précisions, conférence téléphonique)par Pascale DenisPARIS, 18 octobre (Reuters) - LVMH a maintenu la
cadence d’une très solide croissance organique au troisième
trimestre, malgré les aléas de la conjoncture et les craintes de
ralentissement de la demande de produits de luxe dans les pays
matures.Le chiffre d’affaires du numéro un mondial du secteur,
propriétaire du malletier Louis Vuitton, du cognac Hennessy ou
des parfums Christian Dior, a progressé de 17,6% au troisième
trimestre, à 6,01 milliards d’euros, un chiffre supérieur au
consensus des analystes interrogés par Reuters (5,8 milliards).La croissance organique s’est quant à elle maintenue à 15%,
comme au premier semestre, alors que les analystes anticipaient
un ralentissement à 12,5% et que la base de comparaison du
troisième trimestre 2010 était déjà élevée (+14%).”Les chiffres sont bons, ils montrent que le secteur ne
subit pas le ralentissement escompté”, a commenté un analyste
souhaitant garder l’anonymat.Après Burberry la semaine dernière (voir
), LVMH vient confirmer la résistance du secteur
qui, par sa diversification géographique et sa forte exposition
au moteur asiatique, peut compenser les accès de faiblesse de
certains de ses marchés.Car les chiffres, unanimement salués comme très solides par
les analystes, montrent que LVMH n’a pas été épargné par le
marasme qui touche l’Europe, où la hausse des ventes du groupe,
en devises locales, a été limitée à 7%, tandis que la
progression a atteint 18% aux Etats-Unis et 27% en Asie.”Nous avons un petit ralentissement en Europe”, a reconnu le
directeur financier du groupe Jean-Jacques Guiony, lors d’une
conférence téléphonique, tout en ajoutant que “l’environnement
dans lequel opère LVMH n’a pas fondamentalement changé depuis le
début de l’année”.Après des débuts en baisse à la Bourse de Paris, le titre
LVMH s’est repris en cours de séance pour afficher un gain de
0,4% à 114,00 euros en clôture, dans un marché en repli
de 0,8%. La valeur limite sa perte à 7,8% depuis le début de
l’année, à comparer à une baisse de 14,5% pour son concurrent
suisse Richemont , mais à des hausses de 12,3% pour
Burberry ou de 16% pour Tiffany .LE MOTEUR VUITTONEn marge des défilés parisiens de prêt-à -porter au début du
mois, de grands noms du secteur avaient déclaré ne voir aucun
signe de tassement de la demande au troisième trimestre.Pourtant, avec la crise de la dette en Europe et les menaces
de ralentissement aux Etats-Unis et en Asie, nombre d’analystes
anticipent une moindre progression du marché mondial du luxe en
2012 et ont d’ores et déjà révisé en baisse leurs prévisions de
croissance interne pour l’an prochain. ( )”La progression des ventes continue d’être soutenue en Asie,
en Europe et aux Etats-Unis, tandis que le Japon voit un retour
à la croissance”, a souligné LVMH.Fort de ces chiffres, le groupe affiche sa “confiance” pour
l’ensemble de l’exercice 2011, sans toutefois donner de
précision sur ses anticipations pour les ventes de fin d’année,
une période cruciale pour le secteur.Le pôle mode et maroquinerie a vu sa croissance organique
atteindre 15% sur neuf mois, après 14% au premier semestre,
tirée par la pépite Louis Vuitton. Le malletier, principal
centre de profit du groupe, pourrait avoir dépassé les 15% de
croissance interne, selon des estimations d’analystes.Après les hausses de prix passées sur la marque aux sacs
monogrammés au premier semestre en Europe, aux Etats-Unis et en
Chine, LVMH n’entend pas procéder à de nouveaux relèvements de
prix en 2011. Jean-Jacques Guiony a également indiqué que
l’accroissement des capacités de production de Vuitton devraient
lui permettre de répondre sans difficulté à la demande de fin
d’année.TASSEMENT DANS LES VINS & SPIRITUEUXA l’inverse, les ventes de vins et spiritueux ont vu leur
croissance organique décélérer à 11% sur neuf mois. Les ventes
de champagne ont baissé en volume au troisième trimestre en
Europe, en raison de mauvaises performances chez Mercier. Elles
ont aussi reculé aux Etats-Unis avec une gestion des stocks très
serrées en prévision des ventes de fin d’année.Dans le cognac, la stabilité des ventes en volume aux
Etats-Unis a été compensée par une forte progression en Asie,
permettant de solder le trimestre sur une hausse de 8%.Les ventes de la distribution sélective (DFS, Sephora) ont
accéléré la cadence avec une croissance organique de 19%.Le rythme s’est très légèrement tassé dans les parfums et
cosmétiques (+10%), alors que les récentes déclarations de
Clarins à Reuters laissent anticiper une année 2012 difficile en
Europe. Les ventes ont légèrement baissé au troisième trimestre
Europe, affaiblies par de mauvaises performances en Europe du
Sud, tandis que la baisse a été plus large au plan géographique
pour les produits de soin de la peau, a précisé Jean-Jacques
Guiony.Dans les montres et la joaillerie, qui intègrent désormais
Bulgari, la croissance reste spectaculaire, Ã l’image des
exportations de montres suisses, à 26%, malgré, là aussi, un
ralentissement en Europe du sud, mais aussi en Suisse (pénalisée
par la hausse du franc suisse). Pour le joailler italien, la
croissance a été du même ordre que celle de l’ensemble de la
division.Les chiffres de PPR , propriétaire de Gucci, sont
attendus le 26 octobre et ceux d’Hermès (dont LVMH
détient 21,4%) le 4 novembre.Voir aussi :* Burberry, des résultats du T2 supérieurs aux attentes* Longchamp - La demande résiste aux aléas de la conjoncture* Hermès ne constate pas de recul des dépenses malgré le
contexte* Mode-Le ciel s’assombrit pour les acteurs du luxe* INTERVIEW-Clarins inquiet pour l’Europe* Bourse-Le luxe pâtit à son tour des craintes sur la
croissance mondiale